Île de France: comment le vieillissement de la population impacte l’habitat

Photo © Stocklib Adrianhancu

Alors que le vieillissement de la population française n’épargne pas l’Ile-de-France, l’Institut Paris Région a publié une étude en plusieurs tomes sur l’impact des logements sur le vieillissement d’un territoire.

« En 2040, la part des plus de 85 ans va progresser. C’est un effet global à l’échelle nationale », pose Mariette Sagot, démographe, chargée d’études à l’Institut Paris Région (anciennement Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Île-de-France). « Globalement, on se dirige vers un vieillissement annoncé avec la génération du baby boom (à partir de 1946 jusqu’aux années 60) qui arrive à l’âge de la retraite. » 14% des habitants de la région ont déjà plus de 65 ans, et une augmentation de 5% est prévue d’ici à 2035.

Évolution du nombre de personnes de plus de 85 ans entre 2013 et 2035

Le sud et l’ouest concentrent le plus de personnes âgées

Un vieillissement contrasté géographiquement, plus fort dans le sud et l’ouest de l’Ile-de-France. « Ce sont souvent des villes riches et rurales », note Mariette Sagot. Fontainebleau, Prunay-en-Yvelines, Rambouillet, Saint Germain-en-Laye, ou encore le Châtelet-en-Brie font ainsi partie de la longue liste de communes franciliennes où la part de population de plus de 65 ans dépasse les 17%. « Je pense que les villes prennent conscience du phénomène du vieillissement. ils sont sensibles au parcours résidentiels de leurs habitants. Par exemple, ils vont essayer de développer les logements du petit locatif privé pour aider les jeunes à cohabiter pas loin de chez les parents », souligne la démographe.

Car le vieillissement façonne la composition des logements d’un territoire, et vice versa. « La mobilité résidentielle est très forte quand on est jeune ou pendant la constitution d’une famille (se mettre en couple, avoir des enfants…). Mais plus on vieillit, plus elle baisse », constate Mariette Sagot. L’étude permet de caractériser les logements occupés par les seniors: ils sont généralement propriétaires d’un trois pièces ou plus qu’ils habitent jusqu’à leur décès. A contrario, la présence de logements plus petits de type studio attire en revanche une population plus jeune qui se renouvelle.

Anticiper l’impact

« Dans les secteurs périurbains qui se sont développés dans les années 70-80 et où les ménages, en général propriétaires de leur logement dans des maisons individuelles, ont vielli, l’impact va être très fort. » Une nouvelle donne à prendre en considération dans les villes. « Il y a déjà des départements qui mettent en place des services ambulants pour personnes âgées, comme en Essonne par exemple », cite Mariette Sagot.

L’Institut Paris Région consacre deux « tomes » d’études sur le vieillissement et le logement. Le premier porte sur le lien entre la composition du parc de logement et le vieillissement à l’échelle locale. Le second étudie l’impact du vieillissement sur l’occupation et la libération des grands logements d’ici 2035.

Télécharger le tome 1 de l’étude
Télécharger le tome 2 de l’étude

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