Vélo en Île-de-France: le plan de la région pour 2020

Photo © Ile de France Mobilite

Augmentation du parc de vélos en location, aide à l’achat, installation de stationnement dans toutes les gares de la région, développement des pistes cyclables, Île de France Mobilité, l’autorité des transports de la région, a présenté un arsenal de propositions pour développer un écosystème autour du vélo.

« On veut tripler la pratique du vélo d’ici à 2021 ». Tel est le défi lancé par Ile-de-France Mobilités. Sa présidente, Valérie Pécresse (LR), présentait son plan vélo le 16 janvier. Bien que le développement de cette mobilité douce soit en hausse (+30% entre 2010 et 2018, selon l’Institut Paris Région), les 850 000 déplacements par jour restent « faibles », admet l’élue tout en rappelant les 200 millions d’euros déjà investis sur les quatre dernières années. La priorité : développer le vélo sur les trajets utiles au quotidien, pour rejoindre une gare, pour aller travailler, étudier…

Concrètement, la région veut jouer sur les deux leviers : le développement du parc de vélos et celui des infrastructures.

Objectif 15 000 Véligos d’ici la fin de l’année

Concernant la mise à disposition des vélos, cela passe par la location avec la mise en service de 5000 nouveaux Véligo, ces vélos électriques en location longue durée. Ce service de location est proposé pour une durée de 6 mois à un tarif de 40 euros par mois incluant la réparation et l’entretien du vélo. Le coût peut être pris en charge à hauteur de 50 % par l’employeur, seul
ou en complément de l’abonnement Navigo pour les voyageurs faisant des trajets intermodaux, permettant un reste à charge pour l’abonné sera de 20 euros par mois. L’offre, lancée en septembre 2019, comptabilise à ce jour quelque 5000 souscriptions. « L’arrivée des vélos électrique a tout changé car ils permettent de gommer les reliefs« , motive la présidente de la région. « Tous les élus sont convertis au vélo ! » D’ici à la fin 2020, la flotte devrait ainsi atteindre les 15 000 vélos.

La région promet aussi de diversifier l’offre en la complétant de 500 vélos cargos à assistance électrique pouvant transporter jusqu’à une centaine de kg « pour les familles et les livreurs ». Trois modèles seront disponibles : biporteur, long tail et triporteur, le tout moyennant une investissement de 2,5 millions d’euros.

Aide à l’achat pour toutes les situations

Pour les usagers qui préfèrent être propriétaires de leur vélo électrique, la région propose depuis décembre une aide à l’achat qui va jusqu’à 500 euros pour les vélos et, à partir de février, de 600 euros pour les vélos cargos. Au-delà, une étude d’Île-de-France Mobilités doit évaluer la diversification de l’aide à l’achat à des vélos adaptés aux personnes en situation de handicap, ou des kits d’électrification pour vélos classiques.

100 000 places de vélo en gare d’ici à 2030

Côté infrastructure, la région a surtout planché sur le stationnement, tout en rappelant participer au financement de 672 km (214 km de pistes cyclables et 458km de double sens cyclable et de zones 30) actuellement en Ile-de-France, moyennant 72 millions d’euros. En matière de stationnement, la région et Ile-de-France Mobilité proposent d’augmenter le nombre de places dans les gares avec des parcs Véligo (consignes sécurisées ou abris libre-service) dans toutes les stations. « Aujourd’hui, nous disposons de 19 000 places. D’ici à 2025, nous voulons un parc Véligo dans toutes les gares, ce qui représenterait 50 000 places », projette Valérie Pécresse, qui souhaite doubler cet objectif pour 2030. Les stationnements sécurisés seront développés en priorité dans les plus grandes gares (plus de 15 000 entrants par jour).

Par ailleurs, 4 000 places dans ces consignes sécurisées devraient être gratuites pour les abonnés Navigo annuels et Senior, ainsi que ceux bénéficiant du forfait Imagine’R, d’ici à la fin 2020. « Ça montre que les cyclistes et les automobilistes sont enfin considérés au même niveau », apprécie Louis Belenfant, directeur du collectif Vélo Île de France.

En termes d’investissement, Île-de-France Mobilités financera à hauteur de 140 millions d’euros cette mesure, via des subventions auprès des
collectivités ou via des contrats avec les opérateurs.

A quand le RER Vélo ?

Ces annonces n’ont pas convaincu Jacques Baudrier, conseiller de Paris (PCF) et administrateur d’Ile-de-France Mobilités. « C’est du réchauffé », lance-t-il. « On est bien-sûr pour le développement du Véligo, mais cela fait des années qu’on le demande. Valérie Pécresse ne voulait pas en entendre parler il y a deux ans de cela » ,ironise l’élu pour qui, le « vrai sujet » réside dans le développement des infrastructures, notamment avec le projet de RER Vélo porté par le collectif Vélo Île-de-France. Le projet, baptisé Vélopolitain, vise à doubler les lignes de métro de lignes vélo constituées de pistes cyclables bien identifiées avec à la clef 9 lignes et 650 km de pistes… De son côté, Louis Belenfant estime qu’ »il y a un vrai dialogue avec la région » et que le plan vélo « va dans le bon sens », mais invite également à aller beaucoup plus loin et à se mettre sérieusement au boulot pour développer ce Vélopolitain. Parmi les annonces, il retient notamment le lancement d’une étude pilotée par l’Institut Paris Région concernant justement le RER Vélo. « C’est un premier pas qui montre que le sujet est pris au sérieux », se félicite-t-il.

La région a lancé un appel à projet pour réfléchir à « des mesures concrètes pour favoriser la pratique du vélo ». Parmi les projets retenus, la création d’un sac à dos lumineux par la start-up Galanck, la mise en place de 31 points de services allant de la station de gonflage à l’atelier vélo, ou le développement d’une application GPS dédiée aux cyclistes, Géovélo.

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Commentaires

  • Que les parisiens se deplacent en velo tres bien ! Deplacements courts,etc… Les banlieusards ont le choix entre les transports en commun hyperbondes et dangereux covid19 ou la voiture. Les coronapistes ont augmenté les bouchons des accès au périphérique fastidieux donc plus de pollution. Vive Paris

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