Le RER Vélo, un réseau express de pistes cyclables pour relier l’Île-de-France

650 kilomètres de pistes cyclables, 500 millions d’euros de budget, 9 lignes de vélo express… Pour connecter l’Île-de-France à un réseau praticable à vélo, le collectif Vélo Île-de-France porte le projet du RER Vélo à bras le corps, en travaillant avec la région, la métropole, les départements et les collectivités.

« Des confettis. Il y en a partout, mais ce sont des petites taches », observe Louis Belefant en regardant la carte des pistes cyclables en Île-de-France. Ces petits points rouges dispersés aux quatre coins de la région représentent 672 kilomètres de voies dédiées aux cyclistes. Pour le président du collectif Vélo Île-de-France, ainsi que pour les 34 associations qui en font partie, « il nous manque un réseau express vélo. Il y a des milliers d’infrastructures cyclables en Île-de-France, mais rien n’est connecté. Du coup, un cycliste qui va commencer à faire du vélo va se retrouver sur des infrastructures complètement discontinues. Le premier jour il va persévérer, et le lendemain, il va retourner dans les transports ou dans sa voiture parce qu’il aura vécu une mauvaise expérience. »

Utiliser 45% des infrastructures existantes

Initié en mars 2019, le projet du RER Vélo prévoit de relier ces lignes discontinues pour créer un réseau cyclable express digne de celui des RER. Ainsi, la ligne C s’étendrait de Versailles à Villeneuve-Saint-Georges, en passant par Paris intra-muros. La ligne A partirait de Fontenay pour rejoindre Poissy, en marquant un arrêt par la Défense, et la B permettrait de rallier l’aéroport d’Orly et celui de Roissy. Sur ce tracé, le collectif assure que 45% des pistes utilisent les infrastructures déjà existantes.

« Le RER V emprunte l’itinéraire le plus direct et le plus évident entre deux points. Il garantit également au cycliste un déplacement à vitesse constante en limitant le relief et en favorisant la priorité aux intersections », renseigne le collectif. « Ce sont finalement neuf grandes lignes qui sont retenues : cinq radiales (A, B, C, D, E), deux voies le long de la Seine et de la Marne (S et M) et deux circulaires (PC et GC). Elles sont à la fois ambitieuses et réalistes ». Au total, l’ensemble représente 650 kilomètres de pistes cyclables. Ces dernières devraient prendre 4 formes: unidirectionnelle, bidirectionnelle, voie verte, et vélorue. Leur revêtement sera étudié pour que « le vélo roule plus confortablement sur un enrobé lisse que sur un sable stabilisé qui se dégrade avec la pluie et le froid ».

Le collectif RER Vélo fait état de 4 types de pistes cyclables.

La piste cyclable unidirectionnelle: « Dès lors que l’axe à équiper bénéficie d’une vie locale de chaque côté de la rue (commerces, habitations, services), le modèle à privilégier est une piste unidirectionnelle de chaque côté. Ces pistes sont larges de 2,50 m idéalement, 2,20 m au moins, séparées des piétons et le plus largement possible de la circulation automobile. La piste est à gauche du trottoir, et à droite du stationnement. »

La piste cyclable bidirectionnelle: « Celle-ci est large de 4,00 m et séparée des piétons et le plus largement possible du trafic motorisé. Elle reste du même côté de la chaussée aussi longtemps que possible. »

La voie verte: « En zone peu dense, et là où les piétons sont peu nombreux, le RER V peut emprunter les voies vertes partagées avec les promeneurs. Il s’agit d’un aménagement en site propre réservé à la circulation non motorisée. La voie verte peut emprunter des chemins de halage le long des cours d’eau, des routes forestières ou encore des voies ferrées désaffectées. »

La vélorue: « Le RER V peut passer par de petites rues parallèles, mais à la condition que la circulation automobile soit réduite au strict minimum grâce à un travail sur le plan de circulation. C’est en quelque sorte une grande piste cyclable où l’automobiliste ponctuel est toléré. La vélorue est en double sens pour les cyclistes. »

Se concerter avec les institutions

Pour que le réseau express puisse voir le jour, Louis Belenfant travaille avec toutes les institutions du territoire. « On discute avec la région, la métropole, IDF mobilités, les départements, et les collectivités. Le projet s’est co-construit avec elles », souligne-t-il en insistant sur l’importance de travailler avec les municipalités. « Le Collectif est prêt à accompagner toutes les collectivités volontaires pour la réalisation du RER V », fait valoir le collectif. Du côté de la région et d’IDF mobilités, leur présidente, Valérie Pécresse, a montré des signes d’intérêt pour le projet.

Lors d’une conférence de presse autour du vélo, elle a annoncé confier à l’Institut Paris Région la direction d’une étude sur la faisabilité du RER Vélo. « Ce sont des signaux positifs qui méritent d’être concrétisés. Nous sommes prêts à aller plus loin avec la région, sachant qu’elle ne sera pas maître d’ouvrage de ce RER Vélo. Mais elle peut financer, animer, faire beaucoup de choses pour ce projet », projette Louis Belenfant, qui doit rencontrer la patronne de la région dans les jours à venir. 

Un nouvel enjeu pour les municipales

Habitant de Nogent-sur-Marne, Antoine, membre de plusieurs associations d’utilisateurs de vélo dont le collectif Vélo Île-de-France, essaie aussi de mobiliser les élus ou les candidats. « Je fais travailler les candidats sur un plan de mobilité et non pas juste un plan vélo, de manière à ne pas exclure les piétons ou les personnes âgées qui doivent prendre la voiture, par exemple », insiste le cycliste.

A Paris, le vélopolitain fait presque l’unanimité parmi les candidats à la mairie. Le 28 janvier, Anne Hidalgo, la maire sortante (PS) candidate à sa propre succession, a dévoilé son objectif de faire de la capitale une ville « 100% vélo », et a affirmé sa volonté de coller au modèle du vélopolitain en présentant la carte de son plan vélo. Elle n’est pas seule en piste. En novembre déjà, le candidat écologiste, David Belliard (EELV), avait déclaré être favorable à la réalisation de ce projet de RER Vélo. Cédric Villiani défend également l’idée d’un plan vélo à l’échelle métropolitaine, et Benjamin Griveaux (LREM) s’est engagé à le mettre en place. Rachida Dati (LR) est plus circonspecte. « Aujourd’hui à Paris, c’est l’anarchie dans la rue. Nous, nous sommes pour la fluidité et l’ordre. Et pas contre la voiture », a expliqué sa directrice de campagne lors du Grand oral vélo organisé par Paris en Selle.

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